Nous sommes des pirates
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Après avoir rappelé que la loi qui interdit le piratage des oeuvresest faite pour être respectée, il souligne que les actions en justicesi critiquées sont « un moyen, non une fin en soi ». Un moyenpermettant « une prise de conscience des droits intellectuels et économiques de la filière musicale ». Voilà pourquoi elles ne frappent que les plus importants internautes.
« Le téléchargement sauvage a entraîné une baisse des ventes de disques de plus de 30% » répètent ces syndicats, baisse accompagnée de son lot de « licenciements, fermetures de labels indépendants, déclin des signatures de jeunes artistes, etc. ».
« Les organisations professionnelles signataires sont ouvertes à la discussion et au débat » note enfin, dans une perspective d'ouverture, ces professionnels du secteur.
Quelques réactions d'artistes suite à cette parution du nouvel Obs :
Sinclair * :
"Je ne veux pas pactiser avec Big brother"
On ne pourra pas stopper le téléchargement. Fliquer Internet, cest odieux, je ne veux pas pactiser avec Big Brother. Je télécharge aussi,ça me permet de découvrir des artistes, douvrir mon univers musical. Aujourdhui, on ne sest jamais autant intéressé à la musique, et tout ce flux qui circule sur les plateformes P2P nenrichit malheureusement que les fournisseurs daccès. A la radio, les artistes sont rémunérés en fonction de leur diffusion : le P2P devrait sinspirer de cela. Moi, jétais en contrat avec EMI, mais ils sont en crise, on na pas réussi à renégocier, je me suis barré. Les majors ne se sont pas remis en question. Je suis aujourdhui indépendant et ma démarche est toute autre. Je vais sortir un double CD vendu au prix dun CD, je me concentre sur la scène, mes concerts sont pleins, cest le plus important.
* musicien
Pierre Lescure *
"Une révolution culturelle inéluctable"
Je suis fan de disques, je continue à acheter et à collectionner, mais il m'est évidemment arrivé de télécharger. J'ai un I-pod, j'écoute des MP3, la musique sur Internet, c'est comme le téléphone, c'est une révolution culturelle à laquelle il est difficile d'échapper. Internet me sert surtout à dénicher des vieilleries introuvables des années 60, des petits groupes anglais de l'époque mersey.
J'ai trouvé comme cela des vieux enregistrements de folk édités par un label que le magazine Playboy avait créé il y a 30 ans...
*ex PDG de Canal +
Jean-Jacques Goldman,
chanteur
"Je serai solidaire du Nouvel Obs lorsqu'il sera photocopié et vendu illégalement. Il y a sûrement beaucoup à réfléchir mais, comme d'hab', il semble que votre réflexion soit faite: DEPENALISER d'abord et réfléchir ensuite. Cette "réflexion"ne m'étonne pas outre mesure de votre part: Démagogie et pensée unique, parfait pour votre clientèle. Comptez sur moi pour continuer à ne pas vous suivre.
Farouchement"
Kent *
"Faire avancer le débat"
Les poursuites sont embarrassantes pour les artistes. Il faut faire avancer le débat, essayer de légaliser. C'est avant tout une affaire d'éducation. Je me suis moi-même servi du peer-to-peer parce qu'on ne trouve pas toujours ce qu'on veut dans les magasins. Et c'est parfois la seule façon de trouver quelque chose de rare. Le peer-to-peer est un bon moyen de découvrir des artistes. Les amendes infligées aux pirates poursuivis m'ont paru démesurées. Quelqu'un qui télécharge plus de musique qu'il ne pourra jamais en écouter, il faut lui mettre un bonnet d'âne, pas le mettre en prison. Il n'y a pas mort d'homme. Le téléchargement c'est comme une radio. Acheter parce que ça plaît après avoir écouté, c'est montrer du respect. Il faut éduquer en ce sens.
* chanteur
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