10 par mois pour légaliser le Peer to Peer ?
La Société de perception et de distribution des droits des artistes interprètes de la musique et de la danse (Spedidam) vient de se fendre d'un livre blanc "pour une utilisation légale du peer-to-peer". On le sait, des centaines de millions de fichiers s'échangent quotidiennement dans le monde, illégalement ou non, sur les réseaux P2P à travers des applications comme Kazaa, eDonkey/eMule, Grokster, Morpheus ou BitTorrent pour ne citer que les plus connues parmi les dizaines de solutions. Rien qu'en matière de musique, l'Idate estime à 12 milliards le nombre de fichiers audio téléchargés rien qu'en 2003.
10 euros par mois
Tous les internautes ne sont pas des amateurs de P2P et, à ce titre, n'ont pas à subir le coût de cette licence. Mais, pour la Spedidam, le coût resterait "modeste" puisque issue d'une moyenne calculée en fonction des pratiques. Le surcoût ne devrait pas dépasser les 10 euros par mois selon la Spedidam qui compare cette logique de "mutualisation" à la taxe pour la copie privée effectuée sur les supports vierges (CD, disques durs externes, etc.).
La Spedidam va même jusqu'à suggérer que les FAI supportent, totalement ou en partie, le coût de cette licence. "La très forte demande en abonnements ADSL de ces dernières années, en bonne partie due aux possibilités du peer-to-peer, a permis aux opérateurs de bénéficier d'importants revenus [...]. Ce serait donc un juste retour des choses que les FAI contribuent à la rémunération des ayants droits dont les uvres sont échangées sur les réseaux peer-to-peer auxquels ils donnent accès." On peut rêver.
S'il serait étonnant que la Spedidam, à laquelle s'associe l'Adami, obtiennent l'accord des FAI et de l'industrie du disque, elle espère recevoir le soutien des 8 millions estimés d'internautes français qui utilisent régulièrement une application P2P pour télécharger de la musique. Et de leur 44 000 membres artistes-interprètes